Une compétition qui a fait ses preuves, rassemblant des cinéastes animé.es par l’urgence de créer, souvent sans filet. Des œuvres qui rappellent que des formes libres et singulières peuvent émerger, même sans grands moyens. Cette année, les lieux s’imposent comme des ressources créatives, jusqu’à devenir de véritables moteurs narratifs. Dans Sara & Fatima, le désert devient le théâtre inattendu d’une rencontre entre deux femmes que tout oppose, finalement réunies dans leur vulnérabilité. La forêt accueille les échanges intimes d’un couple au bord de la rupture dans L’Okapi. Widnet il-Bahar nous transporte à Malte, une île chargée de souvenirs intimement liés à l’histoire familiale de Mathilde, qui la découvre pour la première fois. Teinté d’humour, le huis clos d’un petit appartement donne naissance à l’anthropomorphisme d’un ventilateur dans FAN. Avec Savoir ce qu’on pense, le décor s’efface presque pour laisser place à l’intensité brute d’une soirée entre ami.es. Inspiré du son émis par les plantes en situation de stress, Ouarda ouarda : yet another flower film se déploie tel un lieu en soi, un espace de réflexion minimaliste. Dans Une nuit debout, la chambre d’une insomniaque devient la porte d’entrée vers son monde intérieur, tout en douceur et en retenue. Enfin, on termine avec le lumineux Greluche, qui trace le portrait d'une femme libre et non-conventionnelle, dont le cœur d’enfant est éternel grâce à sa forêt magique. Une compétition résolument DIY, où chaque film transforme ses contraintes en moteur de création.
* Projeté en séance double avec le programme Short & Queer